Dans l'Antiquité, il valait généralement mieux, pour une fille, naître à Rome, en Étrurie (le pays des Étrusques, en Italie centrale) ou en Égypte, plutôt qu'en Grèce, car les femmes grecques n'avaient aucun droit et étaient toute leur vie soumises à une autorité masculine (père, mari, frère, fils…). Comme les Grecques, les Romaines respectables sortaient peu de chez elles, mais au moins, elles pouvaient, dans certains cas, disposer librement de leur fortune. La femme étrusque, elle, avait plus de liberté : elle sortait beaucoup, participait aux banquets et transmettait son nom à ses enfants… Inutile de préciser qu'elle avait très mauvaise réputation en Grèce et à Rome ! L'Égyptienne était peut-être la plus chanceuse : elle jouissait des mêmes droits que son époux, elle pouvait posséder des biens et il est même arrivé plusieurs fois que l'Égypte soit gouvernée par une reine, alors que pour les Romains, les Étrusques et bien sûr les Grecs, il était impensable qu'une femme se mêle de faire de la politique… La principale mission des femmes, dans la Grèce antique, était de faire des enfants, ce dont se plaint Médée, l'héroïne d'une pièce de théâtre écrite au Ve siècle avant Jésus-Christ par le poète grec Euripide : "[…] nous sommes, nous autres femmes, la créature la plus misérable. […] Ils disent de nous que nous vivons une vie sans danger à la maison tandis qu'ils combattent avec la lance. Piètre raisonnement : je préférerais lutter trois fois sous un bouclier que d'accoucher une seule."
Magazine : Arkéo junior n° 74 Page : 14-29
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